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 Des araignées jusqu'au plafond - suite

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Elfe Sylvain
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Thranduil
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Des araignées jusqu'au plafond - suite   Sam 23 Jan - 21:06



Ellerina & Thranduil




Des Araignées
jusqu'au plafond




Les guérisseurs s’étaient attelés à soigner Ellerina du moins jusqu’à la limite que leurs pouvoirs et leur science leur permettait. Ces blessures étaient pour eux d’un tout nouveau genre et ils n’étaient pas certains de savoir exactement comment s’y prendre. Mais qu’importe la méthode. Les Elfes savaient combattre le Mal et ils œuvreraient avec art dans cette tâche.
Ils ignoraient cependant qu’Ellerina avait plongé dans les ténèbres les plus obscurs, remplis de rêves de toutes sortes, de ses souvenirs les plus beaux comme les plus terribles. Mais la douleur finit par disparaître et alors ses sens, à moitié endormis, purent distinguer quelques éléments. Le gracieux et séraphique visage de Galadriel penché sur elle… puis des voix qui lui parlaient dans sa langue, la rappelant à la lumière.

Lorsqu’Ellerina ouvrit de nouveau les yeux, elle reposait dans l’une des chambres dédiée à la guérison des blessés, mais cela ne ressemblait en rien à Aradhrynd. Elle ne se trouvait pas sous terre, mais suspendue dans les arbres, dans les branchages des gigantesques Malornes aux feuilles d’or.
Elle portait une robe blanche et lâche, au contact doux sur sa peau. Quelques bandages enrubannaient ses avant-bras jusqu’aux poignets puis elle put sentir qu’un autre linge pansait sa tête, recouvrant une partie de son visage et son oeil droit. Aucune douleur ne la cernait encore tandis qu’elle sentait la fragrance fleurée et enchanteresse des onguents de soin.

Une jeune guérisseuse se trouvait près d’elle et lorsqu’elle constata l’éveil de la Dame, elle la rassura de sa voix douce.

“Dame Ellerina, vous êtes en sécurité à Caras Galadhon. Tout va bien.” “Dame Ellerina, vous êtes en sécurité à Caras Galadhon. Tout va bien.”

Après avoir aidé la Sinda à se redresser en lui intimant d’y aller doucement, elle se dirigea vers la porte qu’elle ouvrit pour parler à un garde.

“Prévenez le roi Thranduil que Dame Ellerina est revenue à elle.” “Prévenez le roi Thranduil que Dame Ellerina est revenue à elle.”

Puis elle revint au chevet de la convalescente, lui proposant un peu d’eau.

“Je sais que vous devez avoir des questions et chacune trouvera bientôt une réponse, soyez sans crainte.”  “Je sais que vous devez avoir des questions et chacune trouvera bientôt une réponse, soyez sans crainte.”
Peu de temps s’écoula avant que la porte ne s’ouvre de nouveau, laissant apparaître la haute silhouette de Thranduil. La guérisseuse s’inclina légèrement avant de les laisser seuls. Elle resterait non loin de la chambre au cas où on aurait besoin d’elle mais il n’était nullement utile de le dire. Le seigneur de Mirkwood s’approcha de la Dame, à la douce lueur argentée des candélabres qui ceignaient la chambre lui donnant une atmosphère irréelle.
Son image avait retrouvé sa beauté elfique comme si les tourments qu’elle avait connu n’avaient jamais été qu’un mauvais rêve, comme si rien de ce qui s’était passé n’était vrai… Peut-être aurait-elle pu le penser si les bandages ne cernaient pas son propre corps de part et d’autres.

Il ne dit d’abord pas un mot, se contentant de la regarder et d’incliner légèrement sa tête pour la saluer. Il portait une longue tunique d’étoffe carmine et aucune couronne n’ornait sa tête.

“Mê g'ovannen mi Wen.” Bonjour ma Dame.

Patientant quelques secondes avant de reprendre, il montra d’un regard le côté du lit, attendant l’assentiment de la Dame avant de s’y asseoir précautionneusement.

“Comment vous sentez-vous ?”  

Mais elle méritait de savoir pourquoi ils étaient au cœur de la cité elfique de la Dame Galadriel et du Seigneur Celeborn et la faire languir serait cruel.

“Lorsque nous nous sommes lancés à la poursuite de l’une des créatures, notre patrouille est partie à notre recherche. Peu de temps après que vous ayez perdu connaissance, ils nous ont retrouvé. Vos blessures étaient trop importantes… alors j’ai décidé de ne pas retourner à Aradhrynd et de vous amener directement ici, à Caras Galadhon et de demander son aide à la Dame des Galadrim.”

Thranduil lui laissa le temps d’assimiler cette idée mais il connaissait ses inquiétudes et même si de nombreuses lunes s’étaient écoulés, la douleur du souvenir était encore vive.

“L’araignée a succombé à la blessure que vous lui avez infligé. Nildïr… n’a pu être sauvé… le poison l’avait trop affecté.”


Il était inutile qu’elle connaisse les sinistres détails. Le roi ne souhaitait pas qu'elle soit assaillie par les images intolérables de sa fin.

“Valion est ici également. Il s'est remis de ses blessures.”

Il baissa les yeux avant de se lever de nouveau, ses pas arpentant la pièce silencieusement.

“Il aura besoin de temps pour reprendre confiance en lui. Pour l’instant, il refuse de tenir une arme ou d’être seul en ma compagnie car il a peur de me blesser. Bien que rien ne soit de son fait, il ressent une grande culpabilité.”

Et il n’était certainement pas le seul... à la différence qu’il estimait sa propre culpabilité avérée, alors que Valion, Nildïr et Rivän n’avaient été que des victimes.
Les os finissent par se réparer, mais les remords vous tenaillent à jamais.






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Elfe Sylvain
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Des araignées jusqu'au plafond - suite   Jeu 18 Fév - 20:35

Des araignées jusqu'au plafond - Suite

Thranduil ✣ Ellerina



   
   
   


Pourquoi pleure-tu?

Ellerina tourna la tête vers la voix étrangement familière qui l'appelait, pour découvrir un visage dont elle aurait juré avoir oublié les traits. Pourtant, à l'instant où elle le vit, tout lui sembla parfaitement identique à ses souvenirs. Il était là, face à elle, son visage marqué par l'inquiétude, toujours plein de cette douceur protectrice contenue qu'elle pouvait voir briller dans son regard. Elle se mit à trembler. Cela faisait si longtemps....si longtemps qu'elle  en avait oublié d'espérer revoir ce visage...Lentement elle leva la main vers ce dernier, caressant du bout des doigts son front, sa joue, avec lenteur et délicatesse, comme si un simple souffle pouvait suffire à briser cette douce illusion....

"Que t'arrives t'il...tes songes ont-ils été si sombres?"

Murmura t'il en saisissant sa main. Cette main...elle la connaissait encore par cœur...elle pouvait en dessiner la moindre ligne. Ce contact la brûlait. Elle brûlait. Quel sort cruel le destin voulait-il encore lui jouer?....Était-elle vraiment morte? Ses yeux bleus glacés étaient comme absorbés par la noirceur de ceux qui la fixait. Elle s'y noyait, tandis ce que se réveillait en elle un espoir qu'elle avait banni de son cœur depuis des années. Sa lèvre tremblait, alors qu'une chaleur étrange s'instillait dans ses veines et qu'une larme solitaire coulait sur sa joue.

"Tu ne peux pas être réel..."

Il ressassera doucement sa main autour de la sienne. Elle ferma les yeux, hésitant à croire à l'impossible, il était si tentant de s'imaginer qu'il était véritablement là....de l'avoir près d'elle à nouveau...mais alors qu'elle s’apprêtait à se laisser emporter par cette belle illusion, la main dans la sienne changea, devint plus fine, plus longue, moins familière...plus froide. Et elle se resserra si fort sur son poignet qu'elle crut sentir son os céder. Elle tenta de se dégager et une voix bien différente de la grave , rassurante et profonde mélodie qui avait précédé s'éleva. Une voix déformée, méprisante, provenant des tréfonds de sa mémoire.

"Bien sûr que je suis réel."

Elle releva la tête, et avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit, une autre main vint enserrer sa gorge. Blanc comme la mort elle même, le visage ravagé par les flammes, il n'y avait que froideur et rancœur dans ce regard là. Ce regard qui brillait de haine. Ce regard qui réclamait son trépas comme la justice en personne. Un instant, elle eut l'impression d'être à nouveau dans les ruines de Dale. Le corps brisé....effondrée, rêvant de hurler sans qu'un seul mot ne franchisse ses lèvres, ne pouvant trouver aucune échappatoire, ne pouvant détourner le regard. Impuissante. Puis dans la forêt...le dos lacérée pas l'écorce de cet arbre...

"As-tu déjà oublié ce que tu as fait?"

Dans son dos...elle pouvait sentir les pattes d'une araignée frétiller, agripper et grimper encore et encore, à l'instar de sa culpabilité. Elle sentit des crocs pénétrer sa chair, tandis ce que des milliers de ses enfants rampaient sous sa peau, découvrant toutes ses peurs, ses regrets. Puis elles se glissèrent hors de son corps pour lentement dévorer l'elfe aux longs cheveux. Hurlant de toutes ses forces, elle tentât de les écraser, s'arrachant la peau, sans parvenir à stopper leur course frénétique ni leur insupportable tintamarre. Elles engloutissaient tout dans une faim éternelle et insatiable, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'elles et quelques lambeaux de peau glissant entre ses doigts, s'emmêlant dans ses cheveux trempés de sang. Alors elle se releva et se mit à courir de toutes ses forces, tentant de s'échapper de cet enfer. Mais aucun chemin ne menait nul part et derrière elle, se traînait un cortège d'elfes maupiteux, accablés de chagrins donc chaque visage lui était familier, son père, sa mère, rivän... Puis elle entendit une voix. Une voix claire, douce, tendre et majestueuse. Plus loin, il y avait une lumière. Mais elle semblait si loin....et elle était si fatiguée....pourtant elle ne pouvait pas s'arrêter. Elle avait trop peur de regarder derrière. Et à mesure qu'elle s'approchait, les murs se dissipaient. Tout se dissipait dans un brouillard étrange et enivrant, jusqu'à ce qu'elle ne sache plus où elle était, ni où elle allait. Elle crut discerner à travers cette étrange brume le visage d'une vieille amie aux longs cheveux dorés. Rouvrant une nouvellefois des plaies qu'elle croyait avoir pansées, laissant son coeur à l'agonie. alors qu'un seul murmure franchissait ses lèvres.

"Evranï..."

***

Lorsqu'elle s'extirpa de son sommeil, elle aurait pu jurer que des années avaient passé. Avec précaution, elle tenta d'ouvrir les yeux mais fut gênée par ce qui semblait être un tissu. Elle avait été pansée et changée. Il lui fallut un moment pour retrouver ses esprits. Et un second pour comprendre où elle se trouvait. Elle avait souvent eut l'occasion d'aller dans les maisons de guérison de Caras Galadhon, mais elle n'y avait encore jamais été soignée d'aussi loin que remontaient ses souvenirs. Elle tenta de se rappeler de quelque chose. Le visage d'Evranï apparut dans son esprit, lui coupant le souffle. Mais elle portait un bijoux, façonné d'une karature blanche magnifique qui ne lui appartenait pas. Aurait-elle pu la confondre avec une autre Dame? Le doux bruissement des arbres apaisa quelque peu son esprit, tandis ce qu'elle s'appuyait sur une main, inspirant l'air frais, séparant petit à petit ses chimères de la réalité. Puis la voix calme et sereine de l'une de ses confrères la tira hors de son étrange torpeur, achevant de balayer ses derniers doutes, tandis ce qu'elle l'aidait à se redresser. Elle accepta avec gratitude l'eau que lui proposait cette dernière et bu lentement chaque gorgée, imaginant cette dernière purifiant la souillure qui grattait au fond d'elle. Peu à peu ses souvenirs redevinrent clairs et son visage se referma. Avait-elle été à la hauteur? Si le roi était ici... cela signifiait sans doute qu'il était sauf. Était-il celui qui l'avait amenée en ces lieux? En cet instant elle ne parvenait pas à ressentir autre chose qu'une angoisse profonde.

Puis il passa la porte. Elle hésita un bref instant avant d'oser le regarder. Mais il fallait qu'elle sache. Il se tenait si droit et si calme devant elle, qu'on aurait aisément pu croire que rien ne s'était jamais passé. Il était tel qu'elle le connaissait. Imperturbable. Elle pu sentir sa poitrine s'alléger considérablement. Elle réalisa à cet instant à quel point la peur avait pu lui tenailler les entrailles. Elle n'aurait jamais supporté d'être la responsable de...sa souffrance.Et il avait certainement souffert...chacun de ses bandages en attestait. En revanche il dégageait toujours cette impression que rien ne pouvait l'arrêter. Un frisson de terreur lui parcourue l'échine, si soudain et inattendue qu'elle ne pu le réprimer. Elle serra fortement ses bras dans ses mains, une lueur de culpabilité dans le regard avant de se ressaisir prestement et de répondre à son salut avec sa révérence habituelle.  

"Bonjour mon roi." [ Bonjour mon roi.]

Elle ne pu rien ajouter, ne sachant pas vraiment que dire, que taire, il lui laissa un instant avant de s'asseoir avec son accord silencieux sur le rebord de la couche.

“Comment vous sentez-vous ?”  

Elle resta un long moment silencieuse, cherchant en elle la réponse à cette épineuse question avant de déclarer d'une voix un peu rauque avec un sourire calme et troublé.

"Comme un arbre vidée de sa sève... J'y survivrais. Comment sommes nous arrivés ici?"


Ses derniers souvenirs restaient informes, mais elle aurait juré que leur situation était bien trop grave pour qu'ils aient pu venir ici par eux-même. Leurs compagnons les avaient-ils retrouvés? Elle n'eut pas le temps de lui poser la question que le souverain lui expliquait déjà les circonstances de leur arrivée. Elle ne s'en sentit que plus affligée, car elle avait poussé leur roi à délaisser son peuple et ses terres et usé du temps de la noble dame des Galadrim. Elle ne pouvait que se sentir embarrassée par tant d'attention, mais ne pouvait le leur reprocher. Elle n'avait malheureusement que sa gratitude à leur offrir en retour.

"Je suis navrée que...tout cela se soit compliqué ainsi. Je suis rassurée de vous savoir sain et sauf. Merci de m'avoir sauvée..."

Elle hésita un instant, détournant le regard et inclinant la tête.

"Je n'aurais jamais du laisser cela se produire.  Je vous promet d'étudier ces créatures et ce poison dés que j'aurais recouvrer des forces."

Elle prit une nouvelle inspiration. Il y avait encore nombre de questions auxquelles il manquait des réponses. Bien qu'Ellerina ne soit pas certaine de vouloir toutes les connaitre, elle ne pouvait rester dans l'ignorance.

"Qu'est-il advenue de la bête? ...Et de nos compagnons?"


“L’araignée a succombé à la blessure que vous lui avez infligé. Nildïr… n’a pu être sauvé… le poison l’avait trop affecté. Valion est ici également. Il s'est remis de ses blessures.”


Elle resta silencieuse un long moment, le cœur déchiré en songeant à ses compagnons. Elle ferma les yeux....elle pouvait encore voir sa flèche siffler et percer la chair de Rivän. Le simple fait que son ami ne l'ai pas mentionné était significatif. Son cœur se serra si fort qu'elle eut du mal à respirer. Elle avait tué le jeune guerrier, alors qu'il était encore aux premières aubes de sa vie, impatient de faire ses preuves. C'était si absurde. Comment allait-elle pouvoir regarder sa famille, ses amis...Legolas...Aurait-elle pu trouver une autre solution? Aurait-elle du tirer sa flèche sur le monstre? Elle se remémora l'instant ou elle avait enfoncé son arc dans cette répugnante créature. Cela ne pourrait pas rendre la vie à ses compagnons. Mais cela l'aida à garder la tête haute et à dissimuler son affliction.

"Bien. Puisse cette maudite créature pourrir dans les abîmes. Je suis heureuse qu'il ait pu s'en sortir...."

“Il aura besoin de temps pour reprendre confiance en lui. Pour l’instant, il refuse de tenir une arme ou d’être seul en ma compagnie car il a peur de me blesser. Bien que rien ne soit de son fait, il ressent une grande culpabilité.”

Si elle ne l'avait pas si bien connu, elle n'aurait sans doute jamais lu entre ces lignes. Mais elle entendit ce que Thranduil taisait et déclara avec douceur, en se levant, laissant ses longs cheveux défaits cascader sur ses épaules.

"Cela prendra du temps peut-être, mais il comprendra que rien de cela n'était de son fait. Nous n'étions pas préparés à affronter ce mal et même la plus puissante des volonté n'aurait su la contrer. Qu'aurait-il pu faire alors que même vous ne pouviez lutter? "


""Si mon corps ne le comprend pas encore, je sais à qui je dois la vie."" [Si mon corps ne le comprend pas encore, je sais à qui je dois la vie.]

Elle s'inclina avec respect puis le fixa de ses yeux glacé emplit de confiance et détermination. Aucune arachnoïde ne pourrait briser la foi qu'elle lui portait. Il avait eut plusieurs occasions de la tuer, mais il avait lutté, comme aucun d'entre eux ne l'aurait fait. Pour les siens. Alors qu'elle n'avait pensé qu'à survivre. Elle baissa gravement le regard, la gorge nouée.

"En revanche aucun poison ne saurait excuser mes torts..."

Alors qu'elle prononçait ces mots, les choses se troublèrent autour d'elle et elle eut la sensation qu'un bruit strident lui vrillait les tympans. Elle chancela, se tenant la tête, comme pour essayer d'effacer cette sensation d’écœurement qui l'envahissait. C'est à ce moment qu'elle vit avec horreur les araignées grimpant sur son bras et sous le coup de la panique elle arracha le pansement qui le recouvrait d'un coup sec. Elle ne cria pas, car l'instant d'après, plus rien ne rampait sous sa peau. Tout avait subitement disparut. Il ne restait que du sang et battant le long de son bras, une douleur cuisante.



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Elfe Sylvain
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Des araignées jusqu'au plafond - suite   Jeu 3 Mar - 9:40



Ellerina & Thranduil




Des Araignées
jusqu'au plafond





Le roi de la Forêt Noire regardait droit devant lui, comme si la paroi faite d'écorce et de bois à l'essence argentée était une toile où se peignait ses souvenirs. Lorsque la Sinda s'approcha de lui, ses perles cérulées s'en détachèrent, rencontrant le sol lisse avant que son visage à l'ineffable pâleur ne se tourna vers elle. La douceur de ses mots devait le toucher, mais ses yeux demeurèrent assombri, rivés dans ceux de son amie encore un long moment. Il la revit, se tenant face à lui, terrifiée, blessée, perdue... ne sachant plus que dire, que faire pour le forcer à revenir à lui alors qu'une seule idée l'obsédait : la tuer, lui faire mal, tirer de son être jusqu'à la dernière goûte de vie pour l'ingérer et savourer son supplice avec une délectation malsaine. Il se souvenait encore de la faim perpétuelle, de la douleur, de la voix dans sa tête et de son âme s'effritant comme la feuille qui se fane, rongée par le temps. Mais ce n'était pourtant pas le pire car lorsqu'il fermait les yeux, lorsqu'il s'enfonçait dans les abîmes du repos, ce qu'il croyait détruit remontait à la surface. Il le sentait, gratter, gigoter, s'agripper aux parois de son être, tremblant de haine, assoiffé de sang et incontrôlable.
Alors avait-elle raison d'avoir tant foi en lui ? Si elle pouvait lire ses pensées, elle en serait sans doute pétrifiée d'horreur.

Il détourna les yeux, relevant le menton.

“Vous ne devez votre survie qu'à votre entraînement et votre volonté.” Un masque de froideur habilla de nouveau son visage, une aura glaciale se dégageant de lui. Cette épreuve l'avait changé de l'intérieur et il gardait sous scellé ses peurs les plus obscurs, les moins avouables. Il ne souhaitait pas les partager et encore moins avec Ellerina ; bien davantage par respect que par un quelconque manque de confiance en elle.

Lorsque la voix de la jeune elfe s'étrangla, Thranduil baissa de nouveau les yeux sur elle. Il demeura ainsi sans mot dire, observant sa souffrance et après tout le mal qui s'était passé, il ressentait de la compassion. Cela le soulagea car depuis peu, il doutait pouvoir ressentir une quelconque forme de bonté. D'un mouvement à peine perceptible, le roi se tourna vers elle et alors qu'il entrouvrit ses lèvres, il fut retenu par la réaction subite et étrange de son amie. Elle chancela, ses mains frêles se portant sur sa tête blonde. Le Sinda inclina sa tête, fronçant le regard.

“Le nathad Ellerina ?” Ellerina, qu'y a-t-il ?

Un mouvement de panique la saisit. Elle arracha avec violence le pansement qui bandait son bras sous le regard troublé du monarque. Une fois sa blessure découverte, Thranduil quitta la plaie des yeux pour reporter son attention sur le visage elfique. Là, dans une grande douceur, il prit entre ses doigts la main dont le bras était blessé, tirant Ellerina avec lui tandis qu'il se dirigeait vers le lit.

“Aphado nin” Venez.

Il l'invita à s'y asseoir et se détourna d'elle. En moins de trois pas, il s'approcha d'une petite table où étaient déposés des ustensiles dédiés au soin. Des linges et des bandages propres, une bassine d'eau pure dans un récipient oblong de bois blanc, des plantes disposées en parfait alignement... Lorsqu'il revint, il plia un genou devant elle et prit sa main dans la sienne, manipulant doucement son bras. Rongée par le venin, sa peau délicate gondolait, sillonnée de toute part et entre les fines craquelures provoquées par l'extirpation du pansement, le sang frais goûtait. Ce n'était pas une blessure jolie à voir et elle aurait sans doute été fatale sans la magie des leurs. Il épongea doucement la plaie avec un linge qu'il avait préalablement trempé dans l'eau claire, veillant à ne point trop éveiller sa douleur. C'était une vision inusitée, qu'un être comme lui se plia à ce genre d'acte et bien peu en la surprenant aurait pu la comprendre. Lui-même n'était pas certain d'avoir de réponse à la raison de son geste. Etait-ce une façon de s'amender ? Peut-être cherchait-il à s'assurer qu'en la protégeant maintenant, il ne lui ferait plus jamais le moindre mal. Le plus difficile pour lui était qu'il était absolument incapable de le jurer.

Se redressant, il se dirigea de nouveau vers la table de soin. Sa démarche était lente et sereine. Sa longue tunique d'un rouge sombre richement brodée caressait le sol, provoquant comme un murmure qui étouffait presque le claquement fugace de ses bottes sur le bois. La silhouette élancée semblait d'autant plus grande avec cette luminosité argentée que ses longs cheveux nivéens reflétaient dans son dos. Muni d'une bande propre, il revint près d'elle, reprenant la même position. Même agenouillé face à elle, son port restait droit et altier. Il pansa de nouveau son avant-bras avec soin, manifestant une délicatesse qu'il était rare de contempler chez lui.

Il sentait le regard de la Dame sur lui, son trouble et dans son for intérieur il s'interrogea. Son rôle n'était-il pas de la rassurer un peu ? Ne devait-il pas soulager le doute et les remords qui l'assaillaient... injustement. Il réalisa que sa froideur n'était sans doute pas l'attitude la plus à même de chasser ses rêves.

“Vous avez bien agit. Rivän n'était plus lui-même, rien n'aurait su l'arrêter. Sans votre intervention, nous serions sans doute morts tous les deux.”

Thranduil acheva de soigner le bras blessé. Il leva ses yeux, ces derniers rencontrant les perles cristallines de l'elfe.

“Je sais qu'il vous remercierait s'il le pouvait. Rivän était fort et fière. Jamais il n'aurait supporté de vivre après ce geste.”

C'était là une effroyable perspective et pourtant il était sincère.

Reposant le bras sur les genoux de la convalescente, il se redressa enfin. Après un instant, il tourna les talons dans un mouvement de suavité surnaturelle proprement elfique, s'éloignant de quelques pas. Tandis qu'il lui tournait le dos, il affaissa sa tête, la penchant légèrement sur le côté, comme s'il n'osait la regarder.

“Souhaitez-vous sortir quelques instants ? Vos guérisseurs ne verront pas d’inconvénients à ce que vous désiriez respirer à l'air libre.”

Bien que la chambre où elle reposait était parfaitement reposante et saine, sentir l'air du vent sur sa peau et admirer le paysage enchanteur de la cité forestière ne pouvait que l'aider à changer son esprit.

Le monarque laissa la Sinda se couvrir, sortant de la chambre pour arpenter de quelques pas la plate-forme qui surplombait la merveilleuse cité. Il se tenait près d'une balustrade au bois blanc magnifiquement sculpté, les bras le long du corps, ses yeux cheminant le long des troncs et des cimes, l'air finalement absent. Même dans ce décor inusité, son élégance et son maintien étaient ceux d'un roi. Aux pas feutrés d'Ellerina il répondit en se dirigeant vers elle, la cueillant sur le pas de la porte de son alcôve. Il lui tendit son bras pour mieux l'aider à se déplacer et entreprit une marche douce le long de la terrasse.

Il faisait nuit mais des lampions d'argent illuminaient les bois, rendant ce lieu plus beau et plus reposant encore. Caras Galadhon avait ce pouvoir étrange d'apaiser une âme enclavée dans la tourmente. Le bruissement caressant de la brise effleurant les Mallornes, le climat doux et la puissante magie qui protégeait ce lieu pouvaient faire perdre la notion du temps. Thranduil y avait déjà résidé, il y avait longtemps de cela, mais à l'époque, la Dame protectrice de la Lórien n'habitait pas ces forêts. Depuis, rien dans ces landes boisées n'avaient changé. Pourtant l'atmosphère qui y régnait était bien différente... plus éthéré et surtout, résolument surnaturel. La source, le roi la connaissait bien. Nenya, l'anneau de l'eau, le bijou que portait Dame Galadriel à son doigt.

“Pardonnez mon indiscrétion mais je souhaiterais vous faire part d'une chose qui m'a troublée lorsque vous étiez inconsciente. Dans votre... sommeil, fort agité, vous avez soufflé le nom d'Evranï.”





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