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Égaré dans ce vaste monde ?

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 Meet the Hobbit

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Elfe Sylvain
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Eraën
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Meet the Hobbit   Mar 29 Mar - 19:48

L’aiguille passait à travers la chair, resserrant les extrémités de ma peau. A chaque plongée dans mon avant-bras, une grimace de douleur se faisait lire sur mon visage. Vestige d’une guerre que j’eus mené avec mon peuple, des hommes et quelques nains contre des Corsaires et des Núménóréens peu commodes, mon bras déjà auparavant blessé s’était brisé comme du verre. Heureusement, une elfe qui m’était inconnue avait, par ses pouvoirs, réussi à remettre l’os en place, mais il n’en demeurait pas moins que ma plaie restait béante. C’est pourquoi j’avais besoin de points de suture, que j’avais refusé que l’on me fasse. Je pouvais très bien me débrouiller tout seul, ça n’était pas un problème. J’avais grandi dans l’ombre d’une mère trop envahissante et de laquelle je m’étais rapidement détaché, pour pouvoir mener ma propre vie, sans les dictats d’une société elfique dans laquelle je ne me reconnaissais pas. J‘aimais mon peuple d’un amour sincère et profond, mais je ne pouvais y trouver ce que je recherchais véritablement. J’avais soif de sang, soif que j’avais retournée contre moi par le passé et que j’avais réussi à étancher en devenant cet assassin que j’étais à présent.

Une fois ma blessure refermée, je pris un bandage et l’enroula autour de mon avant-bras. Voilà qui était fait. A présent, il ne me restait plus qu’à rassembler mes quelques affaires, mes maigres provisions et quitter la chambre que j’avais loué dans cet auberge où était décédé mon renseignement sur une mission que j’aurais dû faire et qui m’aurait permis de gagner les quelques pièces d’or qu’il me manquait pour vivre décemment. Pour le moment je devais me contenter de deux lembas et d’un peu d’eau, faute de ne pouvoir me payer une bière. Et tout ceci pour un long voyage, cela me semblait un peu juste, mais j’avais mon idée derrière la tête pour pouvoir gagner mon pain. Je pris mes vêtements, les glissai dans mon sac, vérifié combien de pièce il me restait dans ma bourse – ce qui m’arracha une moue dépitée – et attachai ma cape autour de mes épaules. Ainsi chargé, je descendis les marches de l’auberge, payais ma chambre à l’aubergiste dodue et bien peu aimable, qui avait pour habitude de me fixer comme si elle voyait un fantôme. En un sens c’est un peu ce que j’étais : cheveux et peau blancs tous deux, des yeux d’un bleu que je qualifierais d’anormal tant il est clair. Mais je m’étais habitué à ce genre de regard inquisiteur, curieux voire critique, et depuis le temps cela ne m’atteignait plus. Depuis plus de 1700 ans. Puis je me dirigeais vers les écuries céans et récupérais ma fidèle monture palomino. Je fixai mes affaires à l’arrière de la selle que je venais de lui poser, et grimpai dessus, grimaçant au passage lorsque ma plaie fut soumise à contribution pour que je me hisse sur mon unique compagnon de fortune. Puis je pris quittais l’auberge et ses environs, la ville et son agitation, et rabattais ma capuche sur mon visage pour que l’on cesse de me dévisager de la sorte. Entre les « regarde maman, c’est un elfe », « il est étrange, tu as vu sa peau ? Et ses cheveux ? Il est pâle comme la mort », « c’est un mauvais présage… » j’en avais assez entendu pour les siècles à venir. Moi qui aimais la discrétion, je n’étais pas bien servi.

Je quittais ainsi le pays de Dale pour prendre la direction de Nan Curunir afin d’éviter les montagnes par commodité. Je fis une courte pause dans la ville de Dun, cherchant si un travail se présentait à moi. Mais il fallait croire que les mœurs n’étaient pas au crime dans cette contrée. Dommage. Je me dirigeais chez un épicier et ouvris ma bourse pour faire glisser dans ma main les quelques pièces qui me restait. Quoi, c’était tout ? Bien, il allait falloir que je me contente du minimum. J’avais l’habitude de vivre drastiquement dans tous les cas, alors ça ne serait pas une nouveauté. En revanche il allait falloir que je dorme à la belle étoile. Pour ce faire et pour gagner du temps, je me décidais de chevaucher une partie de la nuit, direction… la Comté. Qu’est-ce qui pouvait bien m’intéresser dans ce pays ? Mon ignorance totale quant à ce qu’il renfermait. J’avais entendu parler vaguement de semi-hommes dans les récits des voyageurs qui rôdaient, comme moi, à travers le monde. J’étais donc très curieux de savoir ce qui m’attendait là-bas. Mais pour cela il allait falloir que je traverse l’Eriador ainsi que le pont au Sud de la ville de Bree. Après, pourquoi ne pas passer par Evendim, cela restait à voir. Pour le moment la lune était haute dans le ciel et le firmament étoilé dressait sa carte faite d’une myriade de constellations.

Je mis pied à terre, le corps parcouru par un frisson qui montait le long de mon échine par le froid qui régnait cette nuit. Mon cheval, Norelin, s’allongea d’épuisement, après que je l’eus dessellé, et je m’allongeai contre lui, son corps émanant une chaleur douce et agréable. Mais au beau milieu de la nuit, un bruissement non loin de moi se fit entendre, presque imperceptiblement, mais suffisant pour que mes oreilles d’elfe l’entende. Gardant les yeux fermés, je menais lentement ma main vers le poignard attaché à ma ceinture et entourai son pommeau de mes longs doigts fins. Je pouvais presque cerner leur nombre à leur respiration saccadée. Ils étaient autour de moi. Soudain, l’un d’eux me sauta dessus, je le saisis par la gorge et fis une roulade pour me retrouver au-dessus de lui, mon poignard appuyé sans réserve contre sa gorge. Les autres esquissèrent un mouvement pour défendre l’un des leurs, mais je les prévins d’une voix glaciale :

« A vous de choisir messieurs. Le premier qui bouge, je lui ouvre la gorge et le laisse s’étouffer avec son sang. »

Je me relevais, l’homme toujours en otage, et ajoutai :

« Vous pensez me détrousser ? Bien, maintenant donnez-moi vos bourses. Posez-les à terre. »

Les hommes se dévisagèrent dans la nuit et l’un d’eux fit un pas pour déposer sa bourse, avant de se ruer vers moi. Je tranchai alors la gorge de mon otage, repoussai son corps et sortis ma dague afin de décapiter mon assaillant.

« D’autres volontaires ? »

Visiblement enclin à mourir ce soir, tous sortirent leur épée de leur fourreau, et j’esquissais un sourire. Etrangement, j’aimais la tournure que prenais les évènements. Je savais bien que cinq hommes ne faisaient pas le poids contre la Fine Lame que j’étais. Je plantais ma dague dans les entrailles de l’un, qui se déversèrent sur le sol, avant que je n’attrape mon carquois avec une rapidité que seuls les êtres de mon espèce possèdent. Je pris une flèche et tirai entre les deux yeux d’un premier, dessinai des entailles sur leur corps meurtris et criminellement malmené. Lorsque tous furent à terre, je poussais un soupir de soulagement et de satisfaction, ravi de la tournure qu’avaient pris les évènements. Au moins, on ne m’avait pas réveillé pour rien. Je me penchais, pris les bourses et les soupesais, enchanté par leur poids. Voilà l’argent qu’il m’avait manqué. Je me rendormis alors, avec difficulté par l’agitation qui me possédait encore de cette attaque surprise.

Lorsque le soleil pointa le bout de son rayon, je m’éveillais et m’étirais douloureusement, meurtris par mes muscles encore endormis. Je me redressais, pris un lembas dans ma sacoche que je dévorais avec avidité, affamé. Mais j’allais bientôt pouvoir me requinquer à ma guise lorsque j’arriverai dans la Comté. Je flattais l’encolure de mon étalon qui secoua son encolure blonde pour s’étirer, avant de brouter tranquillement pendant que je le sellais et le bridais. Puis je mis pieds à l’étrier, et repris mon chemin. La journée fut bien avancée, la lune pointait déjà lorsque j’eus rejoins la Comté, qui me laissa totalement stupéfait. Au premier abord, j’eus l’impression d’arriver dans un village peuplé d’enfants, ce qui me rappela aussitôt que nous étions bien chez des semi-hommes. Mon entrée ne passa pas inaperçue, et je m’assurais que ma capuche était bien descendue sur mon visage.

« Excusez-moi, où puis-je trouver la taverne ? » Demandais-je à une petite femme rondelette.

« Suivez les chants, mon bon monsieur. » Me répondit-elle dans un sourire timide.

Je tendis l’oreille et, effectivement, des chants me parvinrent. Je me dirigeais vers la taverne, laissai mon cheval aux écuries au main d’un jeune garçon avant de pénétrer dans la taverne. Je dus me baisser quelques peu pour ne pas toucher le plafond, et me dirigeai vers une table à part, observant la populace. Tous étaient nus pieds – des pieds étrangement poilus d’ailleurs – des cheveux bouclés et surtout un enthousiasme et une joie de vivre qui se laissait ressentir, et même gagner. Soudain, l’un d’eux vint à ma rencontre et je lui demandais :

« A boire et à ripailler je vous prie. »

Devais-je retirer ma capuche ? Pourquoi pas, je ne risquais rien ici. Les Hobbits avaient l'air amicaux.





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