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 La fête de la fin des moissons

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Elfe Sylvain
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Thranduil
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Elfe Sylvain
MessageSujet: La fête de la fin des moissons   Jeu 8 Oct - 12:22



Edhelwen & Thranduil




La fête de la fin
des moissons





Les entrelacs noueux et menaçants de la Forêt Noire revêtaient une toute autre apparence car entre ses troncs vénérables et sous le feuillage dense se jouait un spectacle dont la magie poussait l’ombre à se terrer dans les profondeurs. En cette pâle journée d’automne, un étrange cortège enluminait les lieux car enfin les lames dorées du soleil perçaient la voûte feuillue . Thranduil, une partie de sa cour, Edhelwen -qu’il avait invité à se joindre à lui pour cette excursion exceptionnelle- et un contingent de soldats elfes lourdement armé traversaient en maîtres ce domaine qui était le leur. Dépourvus de vaillance, aucun sbire de Sauron n’aurait ne serait-ce que supporté de se dresser devant la cohorte si ce n’était flanqué d’une armée.

En tête de file, le Roi de ces lieux menait les siens, son regard impassible se posant sur chaque pierre, chaque arborescence et chaque êtres qu’ils croisèrent. Il aimait ces moments de sérénité, lorsqu’il parcourait ces landes et que nulle spectre n’y errait. Car dans cette partie plus septentrionale de la forêt, il était chez lui et à cet instant, même le mal y consentait.

Il était devenu inusité que les Elfes traversèrent Grand’Peur sans nécessité, mais ce jour avait tout de même une assez grande importance pour faire se déplacer le roi. Beorn et les siens avaient convié les Elfes à une célébration. Chaque année les clans épars des Hommes du Val de l’Anduin, qui se faisaient appeler les Beornides en hommage à leur chef, célébraient une grande fête en l’honneur des dernières récoltes de l’année avant que l’hiver ne survienne.
Un lien solide s’était tissé entre eux et le peuple elfique au fil des années car les Hommes qui vivaient près des bois avait une conception de la vie plus proche des Elfes que la plupart de leurs congénères. Beaucoup vivaient à l’orée de la forêt, dans des constructions en hauteur, à l’image du peuple de Thranduil. Ils respectaient la nature et les animaux tout en nourrissant une haine farouche des serviteurs de Sauron. Ces derniers temps les avaient néanmoins beaucoup éprouvés. Les attaques étaient plus sournoises, plus fréquentes et le nombre des ennemis semblait ne jamais décroître. Presque imperceptiblement, le val d’Anduin avançait toujours un peu plus sous l’ombre de l’Est.

Les Beornides étaient des hommes forts possédant une remarquable constitution. Ils avaient également l’avantage d’être courageux et particulièrement tenaces. Peu de peuples de cette race parviendrait à endurer une telle proximité avec Dol Guldur et les Elfes entendaient bien entretenir cette résistance.

Durant leur périple, ils traversèrent la mystérieuse Gûlduin, dont les eaux endormaient quiconque osait la boire ou la toucher, puis après avoir emprunté un moment le chemin des Elfes, ils le quittèrent pour d’autres, plus secrets, sillonnant les dangereuses collines d’Emyn-i-Thang avec maints précautions. Un tel voyage prenait plusieurs jours et si les Belles Gens n’éprouvaient pas le besoin de dormir, ils firent de nombreux arrêts pour se restaurer et permettre aux bêtes de se reposer. Chacun se fit avec la plus grande prudence, chaque camp étant particulièrement bien choisi et préparé et la garde veillait d’un oeil aiguisé sur les alentours dans la prévention d’éventuelles attaques.

La nuit était tombée et Ithil trônait haut dans le ciel. Sur le flanc d’une colline, au cœur de ce qui ressemblait à une petite clairière dégagée, ils s’installèrent. Là les sylves y étaient plus épars ce qui permettait à la lune et aux étoiles de rayonner. Certains pourraient penser que c’était un endroit d’autant moins protégé, moins caché, mais les Elfes, sous une nuit étoilée, voient aussi bien qu’en plein jour, tout à fait l’inverse des esclaves de Sauron. Au moindre mouvement suspect, ces derniers seraient massacrés aussi loin que portaient les yeux des Premiers-Nés.

Thranduil se tenait sur une corniche à quelques pas du camp. De là où il se tenait, il avait vue sur une large partie de la forêt. Ils se trouvaient à l’exact milieu entre les montagnes et l’ancienne route des Nains -appelée plus communément Men-i-Naugrim- qu’ils n’emprunteraient d’ailleurs pas. Derrière eux se dessinaient, sinistres, les Monts de la Forêt Noire. Ils les avaient traversés un peu plus tôt avec une prudence toute particulière car ils étaient le repère d’infâmes créatures. Son regard perçant se fit plus sombre et plus amer… puis il entendit derrière lui un bruit de pas, un bruissement doux, sentant un parfum qu’il connaissait maintenant très bien. Il délaissa son masque sinistre pour orner son visage d’un discret sourire, invitant Edhelwen à se joindre à lui.

Les landes méridionales de la Forêt Noire se rapprochent, les bois s'épaississent comme l’air stagnant qu’il renferment. J’aurais souhaité que vous puissiez voir Vertbois lorsque ma forêt était encore digne de porter ce nom. Bien que plus sauvage, sa beauté pouvait rivaliser avec celle de la Lórien.

Dans sa voix perçait la fierté mêlée à une profonde nostalgie.

Ces monts recélaient des merveilles et étaient un lieu plein d’enchantement et de beauté. Les bois, où que l’on aille, portaient avec eux une brise douce tantôt fleurée tantôt parfumée par la mousse humide déposée par l’aurore. Le feuillage était un toit d’émeraude et lorsque l’Anor descendait, elle lui donnait une teinte mordorée étincelante. Chacun pouvait librement s’y promener sans risquer de perdre la vie.

Il se souvenait des jours anciens avec la même clarté que cette nuit, sous la lueurs des étoiles et de la lune. Pendant un instant, sa belle forêt avait retrouvé son ancienne noblesse mais au coeur de la nuit, un cri lointain, effroyable et maléfique déchira le calme ambiant. Les yeux de Thranduil se tournèrent vivement vers l’origine de cette voix, ranimant en lui une blessure mordante alliée à une haine profonde. Elle lui rappela qu’il n’était plus chez lui désormais, qu’un autre roi disputait sa couronne.

Ne soyez pas inquiète, nous sommes hors d’atteinte.” Dit-il calmement d’une voix distraite… perdue… De Vertbois-le-Grand n’en restait désormais que les vestiges car la Forêt Noire l’avait rongé de l’intérieur comme le vers ronge la pomme… tout comme elle consumait son légitime souverain. Il se reprit et ajouta avec malice :

Ne regrettez-vous pas d’avoir quitté la cité ?

Lexique:
 






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Elfe Sylvain
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Edhelwen Moraelin
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: La fête de la fin des moissons   Sam 10 Oct - 22:58



La Forêt Noire n'avait pas toujours été ce territoire hostile où paraissaient se rassembler toutes les menaces - malgré sa crainte des premiers instants, alors qu'elle pénétrait sous le couvert inquiétant de ces arbres silencieux en songeant à la paix tranquille d'Imladriss tout juste quittée, Edhelwen en avait été étrangement convaincue. Si sa beauté corrompue ne lui était pas apparue au premier regard, elle l'avait pourtant ressentie au fond de son cœur, tel un appel presque inaudible, une étincelle perçue du coin de l’œil, qu'elle s'était efforcée d'ignorer tant le mal qui l'imprégnait la poussait à repartir.

Ce jour-là, alors qu'elle suivait le Roi Thranduil et son escorte en direction d'un village beornide où ils étaient conviés pour fêter les dernières récoltes de l'année, elle tentait plutôt de déceler sous la noirceur maladive les dernières traces de la splendeur passée de sa nouvelle patrie. Et chaque découverte, aussi infime soit-elle, suffisait à lui rendre un peu d'espoir et à la gonfler de fierté. Fierté pour elle-même, qui n'avait pas reculé quand la peur l'avait saisie, et fierté pour ce pays qu'elle avait appris à considérer comme sien. Si, les premières années, elle avait trouvé le grand amour des Elfes sylvains pour leur forêt par trop excessif et, parfois même, proche de l'arrogance, force lui était de constater qu'à présent, elle les avait rejoint dans leur sentiment.

Certes, le voyage entre Aradhrynd et leur destination recelait bien des dangers et, bien qu'elle n'ait eu jusqu'alors que peu d'occasions de s'en rendre compte par elle-même, Edhelwen en était malgré tout bien consciente. Si elle percevait les effluves empoisonnées d'une beauté fanée, c'était au travers d'un marasme étourdissant de ténèbres et de souillure ; et les blessures qu'elle avait tenté de soigner, parfois en vain, au cours de ces derniers siècles témoignaient à elles seules du prix que l'armée elfique subissait pour leur protection à tous.

Aussi ressentait-elle un profond respect envers ces Elfes courageux qui jamais ne s'avouait vaincus face à l'adversité et suivait-elle toujours scrupuleusement les consignes de ceux-ci lorsqu'elle venait à quitter la sécurité de la cité pour parcourir ces bois incertains. Ne pas s'éloigner, ne pas s'écarter du chemin. Surtout, ne jamais boire, ni même effleurer l'eau cristalline de la rivière. Et se tenir prêt, toujours.

Si la plupart des sujets de Thranduil plaçaient manifestement une confiance aveugle en leurs gardes, ainsi qu'en la magie lumineuse qui les accompagnait comme une aura protectrice, repoussant loin les créatures sombres qui les cernaient d'ordinaire, Edhelwen ne pouvait quant à elle s'empêcher de continuellement tendre l'oreille, scruter les coins d'ombre autant que les rais de lumière. Elle cherchait le meilleur mais ne pouvait se retenir de guetter le pire - trop habituée, sans doute, à la quiétude naturelle aux royaumes elfiques, même après tant d'années passées sous les frondaisons incertaines de la Forêt Noire.

Malgré cela, tel un insecte attiré par la lueur des flammes, le regard d'Edhelwen semblait s'attacher parfois à la silhouette de Thranduil, qui s'avançait devant eux avec plus de majesté que jamais, comme s'il revendiquait par sa seule présence la possession de ce territoire contesté. Il paraissait, comme elle, contempler avec minutie le paysage terrible et corrompu qui s'offrait à eux - mais, pour lui qui avait connu la grandeur et le déclin de sa bien-aimée forêt, elle ne doutait pas que se mêlaient à cette triste vision les souvenirs nostalgiques d'une époque révolue, et la pensée que, peut-être, tout cela était perdu à jamais.

Depuis qu'il avait convié son invitée à le suivre pour cette fête beornide, Thranduil ne lui avait plus adressé un mot, qu'il n'en ait eu le loisir ou l'envie, si bien qu'elle n'avait eu aucune occasion de sonder la profondeur de sa mélancolie, et moins encore de tenter d'y remédier par quelques paroles de réconfort. Que ce soit en marche ou lors que leurs arrêts réguliers, elle n'avait osé l'approcher, restant toujours à distance respectable et d'un silence rêveur. Elle se savait invitée officielle d'Aradhrynd et acceptée parmi son peuple mais, certains jours, elle peinait encore à cerner tout à fait la place qui était la sienne au palais de Thranduil - ou pour lui-même.

Etait-elle une simple ambassadrice ayant oublié de repartir ? Une guérisseuse dont l'aide était fortement appréciée ? Une amie ? Non, probablement pas une amie, malgré le désir qu'elle en avait. De temps à autres, lorsqu'elle échouait à sauver un garde trop gravement blessé et que tout lui paraissait du plus sombre des sombres, elle s'imaginait n'être qu'une fille de Noldor qu'à ce titre personne n'osait mettre à la porte, quand bien même l'envie n'en aurait pas manqué. Mais quelle que soit l'ampleur de ses doutes, elle avait toujours conservé pour elle ces questionnements stériles et redoublé d'efforts pour être digne de ce peuple auquel elle aspirait appartenir.

Ce soir-là, pourtant, s'offrit à elle une opportunité qu'elle ne manqua pas de saisir - le roi se tenait à l'écart, surplombant du haut d'une corniche les sommets mouvants de la forêt. Sans un mot, elle quitta ses compagnons pour le rejoindre, espérant que, peut-être, il lui fasse partager quelques unes de ces réflexions qui le tourmentaient. Elle fut accueillie par un sourire léger, qu'elle rendit aussitôt, ravie de voir sa présence acceptée.

Comme elle l'avait espéré, il entrouvrit les portes de son cœur, vantant les mérites de sa forêt d'autrefois - comme elle l'avait craint, sa voix était marquée de tristesse et de regret, autant que de fierté. Elle écouta le tableau envoûtant qu'il en livra, s'en imprégna avec avidité et émerveillement. Comme elle aussi, aurait aimé visiter ces lieux alors qu'ils portaient encore le nom évocateur de VertBois ! Ce dessin esquissé par des paroles romantiques ne pouvait rendre justice à une telle magnificence, pas sans en dénaturer l'aspect par le poids d'une si ancienne nostalgie. Si elle puisait suffisamment dans son imagination, elle pouvait presque recouvrir le paysage obscur qui s'étalait à ses pieds par...

Un cri déchira le silence de la nuit, la faisant frémir malgré elle. A son tour, elle tourna le regard vers la source de ce cri effroyable, sa belle vision évanouie au profit des contours terribles de l'une de ces créatures qui, désormais, peuplaient ses angoisses nocturnes.

-Ne soyez pas inquiète, nous sommes hors d’atteinte, reprit alors Thranduil.

Elle se tourna vers lui mais, toute son attention rivée sur la forêt, au loin, il ne lui offrait qu'un profil absent, lointain. Effrayée de le sentir si proche et si éloigné à la fois, elle eut soudain l'envie de tendre la main comme pour le retenir, le rattacher à l'instant présent, à cette corniche plus réelle que tous les souvenirs des Elfes. Etait-elle seule à nourrir des appréhensions de cette sorte ? Son fils Legolas avait-il jamais ressenti cette perte en regardant son père ? Il lui semblait revivre, dans ces moments hésitants où des peurs indéfinies s'emparaient de son cœur, les heures précédant le départ de son frère pour le Mordor, d'où il ne devait jamais revenir.

Avec, en filigrane, le remords tenace de lier ainsi deux êtres aux destins si différents.

-Ne regrettez-vous pas d’avoir quitté la cité ?

La question la prit au dépourvu - Thranduil était revenu au présent, à elle, et effleurait sans le savoir une corde sensible. A nouveau, Edhelwen se détourna, ne sachant comment évoquer tout ce que son âme murmurait sans jamais l'avoir formulé. Elle garda le silence un instant, tâchant de remettre de l'ordre dans ses idées, et convint que, malgré la première apparence, l'interrogation était plus anodine qu'elle ne l'avait cru.

-Je ne regrette rien, monseigneur, répondit-elle d'une voix éthérée, comme redoutant que le son ne porte trop. Ce n'est pas la première fois que je quitte Aradhrynd pour l'obscurité changeante de la forêt, et j'ai une confiance parfaite en vos soldats.

Quand bien même elle connaissait l'ampleur des dangers qui les guettaient, et qu'ils ne pouvaient parfois repousser à eux seuls. Elle regarda pensivement ses mains fines, qui avaient à son goût trop souvent servi à éponger le sang d'une blessure mortelle.

-Je préfère penser à la fête qui nous attend, ajouta-t-elle avec un sourire, se reprenant. C'est probablement l'une des meilleures raisons qui soient de risquer nos vies sur ces chemins secrets.


Mirkwood




Fear the dark waters



Dernière édition par Edhelwen Moraelin le Sam 21 Nov - 10:40, édité 1 fois
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Elfe Sylvain
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Thranduil
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: La fête de la fin des moissons   Dim 1 Nov - 22:44



Edhelwen & Thranduil




La fête de la fin
des moissons





“Nos soldats.” Reprit-il avec une certaine douceur, accompagnée d’un sourire ténu avant de poursuivre. “Longtemps je m’étais résigné à protéger les miens en négligeant le monde en dehors de nos frontières… J’ai finalement réalisé et accepté que cela ne les protégerait pas davantage aux temps que nous nous apprêtons à affronter. La crainte d’un malheur ne l’empêche pas de se produire. S’il doit arriver, il arrivera. Tout dépend de la façon dont nous lui ferons face.” Malgré que le ton qu’il employa fut exempt de noirceur, ces mots n’étaient sans doute guère rassurants. Il savait cependant que la Dame le comprendrait sans se rembrunir. Après tout les Elfes d’où qu’ils viennent étaient soumis à la même loi : celle du destin.

Cette fête est le pendant distrayant d’une stratégie fine et d’une diplomatie de longue haleine. J’espère que vous passerez en leur compagnie un agréable moment.” A cet instant, il était évident -pour qui le connaissait bien- qu’il ne disait pas tout. Thranduil concoctait sans doute quelques plans militaires au côté de Beorn, mais il jugea sans doute inutile de les aborder en ce lieu et en cette heure.

Une bise glaciale venue des hauteurs des monts qui bordaient leur campement vint serpenter entre eux et effleurer son visage. Son regard pellucide quitta Edhelwen pour la voûte encore fardée d’étoiles dont la lumière flétrissait. Cela faisait maintenant plusieurs heures que le campement avait été dressé et la nuit doucement mourrait pour laisser place à l’aube. Le camp s'apprêtait maintenant à être levé. “Nous ne nous arrêterons plus avant d’arriver à destination.” Il était temps de reprendre la route. Thranduil posa de nouveau sa froide attention sur la Noldo pendant ce qui sembla durer une éternité, jusqu’au moment où il brisa le silence qu’il avait instauré. “Me ferez-vous le plaisir de chevaucher à mes côtés ?” Même si son ineffable faciès semblait d’une étrange froideur, il était inusité qu’il invite qui que ce soit à côtoyer cette place et lorsqu’elle accepta, d’un mouvement à peine perceptible, le souverain de Mirkwood appela l’un des gardes qui se présenta avec une telle prestesse qu’il donna l’impression d’avoir toujours été là.  “Dites aux hommes de lever le camp. Informez-les que Dame Edhelwen voyagera en ma compagnie.

Les Elfes sellèrent de nouveau les chevaux, chargèrent les chariots, plièrent les larges et lourdes tentures qui avaient été dressées, les feux furent étouffés… En moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, plus aucun signe ne laissait à penser qu’un groupe d’Elfes venait de séjourner dans cette clairière, si ce n’était la trace d’une magie blanche qui libérait ce lieu du carcan d’opprobre qui l’oppressait constamment. Une trace seulement, car l’ombre reprendrait bientôt ses droits.

La disposition du cortège changea. En tête, la soldatesque entourait leur roi et son amie. Le grand cerf blanc nommé Soln portait son maître, son éclatante robe d’un blanc nivéen illuminait à elle seule la cohorte entière. Cette bête était immense, forte de son incontestable noblesse et puissante, éduquée pour protéger son porteur et combattre ses ennemis. Même sa large tête surmontée de longs bois blancs et duveteux semblaient faite pour assurer la sécurité du seigneur qu’il portait. Un soin tout particulier lui était alloué, car il était la monture du roi de leur peuple.

Le restant du voyage se fit dans la prudence mais pas dans la morosité. De brefs arrêts pavèrent leur route et enfin, ils parvinrent à destination.

C’est aux premières lueurs de l’aube que se dessina Forestville. Elle se tenait à l’orée de la forêt, entre les arbres et les prairies de la vallée de l’Anduin. Ce n’était guère plus qu’un village et pourtant, une fois par an, il devenait un lieu de rencontre pour nombre d’hommes de la vallée. Les festivités débutaient avec une foire immense et continuaient jusqu’au lendemain avec une débauche de musique, de nourriture et de vin. Ce peuple était également réputé pour ses pâtisseries au miel, si délicieuses qu’elles pouvaient presque rivaliser avec le pain de route elfique. Presque.

Thranduil et les siens furent accueilli avec chaleur et déférence par les hommes mais également par leur chef, Beorn. Les réjouissances n’avaient pas encore commencées mais cela ne tarderait pas. Déjà, les pavillons avaient été dressés, de nombreux animaux avaient été amenés par les fermiers et déjà il y avait foule. Les hommes s’affairaient aux derniers préparatifs, on parquait les bêtes, montait les stands, préparait les fameux gâteaux de miel dont l’odeur sucrée se répandait partout... Mais quelle que soit la tâche qui leur incombait, tous se retournaient pour observer la majestueuse arrivée des Elfes. Ce spectacle était trop rare pour qu’ils n’y consacrent pas leur attention. Pour un mortel, voir de tels êtres, centenaires ou millénaires, était fabuleux -peu d’entre eux mesuraient même à quel point- sans parler du fait d’apercevoir le dernier roi des Elfes en Terre du Milieu. La magie de cet instant se propagea parmi les hommes jusqu’au matin.

Thranduil -toujours sur Soln- et Beorn échangèrent, l’un au côté de l’autre tandis qu’ils évoluaient à travers le village. Le changeur de peau était toujours aussi impressionnant, autant par sa taille que son abondante pilosité et sa musculature. Il était évident qu’être en conflit avec une telle créature pouvait s’avérer particulièrement… aventureux. “Roi Thranduil. Comment s’est déroulé votre voyage ?” “Sans complication inattendue. Je doute que nous soyons passé totalement inaperçu aux yeux de nos ennemis et si c’est bien le cas, ils n’ont pas jugé opportun de nous affronter.” “Nous n’avons pas subit d’attaque depuis maintenant un moment. En d’autres circonstances, j’aurais apprécié cette tranquillité, pourtant cela ne me dit rien qui vaille…” Un silence vint soudain peser tandis qu’ils arpentaient la grande place, puis Beorn tourna la tête vers la Noldo, semblant comme intrigué car il vit très vite qu’elle était différente. Constatant son regard sur son amie, le souverain de la Forêt Noire fit les présentation. “Beorn, je vous présente Dame Edhelwen, originaire du royaume du seigneur Círdan.” Le changeur de peau inclina la tête vers elle, brièvement mais avec respect.

Ils arrivèrent enfin vers un large terrain en hauteur un peu excentré du village. Cet emplacement leur avait été consacré et le maître des lieux les invita à y prendre place et dès que l’ordre en fut donné, les Elfes commencèrent la mise en place de leur camp.

Une fois la nuit tombée, de multiples lumières enveloppaient Forestville et ses environs. Des fanions de multiples couleurs décoraient les arbres et les loges. La musique était omniprésente, tout comme les danses. Sorti de sa tente, le roi vit Edhelwen qui observait le village en silence. Il se joignit à elle, se plaçant à sa gauche. “Vous semblez songeuse. Aviez-vous déjà côtoyé le monde des hommes avant ce jour ?





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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: La fête de la fin des moissons   Lun 23 Nov - 20:46



Si Edhelwen avait accepté de suivre Thranduil chez les beornides, pour une visite qui, à ses yeux, relevait autant de la courtoisie que de la diplomatie, c'était avant tout pour le plaisir de prendre part aux réjouissances d'un autre peuple que le sien, lui permettant ainsi de mieux appréhender les coutumes de leurs voisins, et de satisfaire une curiosité toujours plus vive, qui ne s'arrêtait plus depuis longtemps aux seuls peuples elfiques ; également pour celui, plus discret, de passer quelques heures, quelques jours, en présence de son Roi, dans un contexte différent, hors des cavernes d'Aradhrynd, même si elle ne devait pas passer plus que de rares minutes en sa seule compagnie.

Elle n'avait pas songé une seule seconde en prenant sa décision que ce voyage pourrait constituer pour eux une opportunité d'altérer, aussi peu que ce soit, les relations courtoises mais distantes qu'ils entretenaient jusqu'alors, tant elles lui paraissaient désormais naturelles et immuables. Elle s'était habituée à sa politesse désintéressée, à ses trop brèves paroles, se servant de sa froideur apparente pour alimenter ses doutes quant à la légitimité de sa propre présence en Forêt Noire.

Aussi lui était-il difficile de décrire le sentiment qui s'était emparé d'elle sur cette corniche surplombant l’obscurité de la forêt, alors que le Roi corrigeait doucement ses paroles anodines, prononcées sans y penser, l'incluant d'un petit rien parmi son peuple avant de poursuivre comme si rien d'important ne venait d'être murmuré dans le vent nocturne. Avait-il seulement conscience de ce que ce petit mot transformé signifiait pour elle ? Sans doute, au fond, car, dans le cas contraire, il n'aurait probablement jamais pris cette peine, aussi infime puisse-t-elle paraître à quiconque ne le connaissait pas.

Si elle n'avait rien laissé paraître à cet instant, fidèle à sa réserve coutumière, à son affable impassibilité de façade, il lui avait été en revanche plus difficile de contenir l'émotion qu'avait provoquée l'invitation inhabituelle à se tenir à ses côtés en tête de cortège, formulée avec trop d'austérité pour un tel honneur. Pour un regard peu averti, son visage ne trahissait pas le moindre trouble - pourtant, pour peu que l'on fût accommodé à sa douce physionomie, à ses expressions ténues, il devenait évident que la proposition ne la laissait nullement de marbre, bien au contraire.

Il lui avait fallu quelques instants avant de surmonter suffisamment sa surprise pour accepter d'un signe de tête délicat, presque imperceptible, ainsi que la pensée toute rationnelle de son statut d'invitée Noldo qui, ailleurs qu'en ce pays, lui avait valu autrefois plus d'égards qu'elle n'en souhaitait - nuancée par l'idée qu'en Forêt Noire, son ascendance lui était plus un poids qu'un don de noblesse. En vérité, elle ne savait que croire, ne sachant ce qui, de son lignage méprisé ou de sa propre personne, avait incité le Roi à une telle requête ; et la question ne cessait de la hanter tandis qu'elle chevauchait à son côté, fière et silencieuse.

Il n'était pas dans les habitudes d'Edhelwen de se montrer volubile, aussi parlèrent-ils peu, malgré son désir grandissant de l'amener à lui conter la forêt d'autrefois, alors qu'elle resplendissait encore de pureté. Il lui semblait parfois que sa curiosité ne serait jamais rassasiée, tant il y avait de choses à connaître, à apprendre, mais sans doute craignait-elle d'accentuer la nostalgie de Thranduil, à peine effleurée au cours de leur halte dans la clairière - elle se contint, comme bien souvent, et garda ses questions dans le secret de son cœur, avec l'espoir volatile qu'un jour, il lui parlerait plus longuement de tout cela.

Ils parvinrent à Forestville au petit matin, laissant derrière eux la forêt ternie aux troncs racheux pour entrer dans l'atmosphère enjouée et bruyante de la ville des Hommes, qui s'affairaient un peu partout avec un entrain étonnamment vif. Captivée, la Noldo laissa Thranduil prendre de l'avance en compagnie du chef des beornides, tandis qu'elle portait son regard autour d'elle sur ce peuple qu'elle connaissait trop peu. Elle admira leur fougue, leur élan, cette étincelle de vie si différente de celle des Elfes, qu'ils regardaient passer avec, dans les yeux, la même lueur de fascination émerveillée. Ils étaient à la fois si semblables et si dissemblables qu'elle en était troublée ; ils ne possédaient pas la beauté éthérée des Elfes, mais leur énergie avait quelque chose d'envoûtant.

Un instant, elle se demanda ce que cela faisait, d'être un Homme. Ils donnaient l'impression que leur temps passait plus vite - et pas seulement parce qu'ils ne vivaient, au mieux, qu'une bien courte centaine d'années. Il lui semblait, confusément, qu'ils vivaient ce brève instant avec plus d'intensité qu'elle ne pouvait le concevoir... ou bien n'était-ce qu'un mirage, induit par la vivacité dont ils faisaient preuve ?

La voix de Thranduil prononçant son nom la ramena au présent ; reportant son attention sur lui, elle remarqua l'intérêt de Beorn, à qui elle venait d'être présentée. L'homme était grand, plus grand que ses semblables, et Edhelwen pouvait percevoir une aura de force brute émanant de lui. A son tour, elle inclina la tête avec respect, tâchant de faire passer dans son doux sourire tout le plaisir qu'elle éprouvait de se trouver là. Même si elle se trouvait là avant tout pour festoyer et rencontrer une race, elle n'oubliait pas que, toute invitée qu'elle soit, elle représentait en ces lieux deux peuples elfiques - celui de ses origines, bien sûr, mais aussi celui de Thranduil.

Si celui-ci conservait le mystère autour de ses stratégies diplomatiques, du moins savait-elle que les relations qu'il entretenait désormais avec ses voisins revêtaient infiniment plus d'importance qu'autrefois. Et, bien qu'elle n'ait eu aucune influence sur les changements opérés au cours des dernières décennies, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une grande fierté à l'idée que la sagesse du Roi avait finalement repris le pas sur sa colère.

Les Elfes furent conduits aux abords du village, où un terrain leur avait été réservé ; le camp fut rapidement monté, et la tente d'Edhelwen fut parmi les premières à se dresser sur le terrain, juste après celle du Roi. Elle n'avait pourtant rien contre l'idée de partager son espace avec des membres de l'escorte mais, parfois, l'étiquette prévalait sur le pragmatisme désintéressé de la Noldo. Alors, profitant de quelques heures de calme, à l'abri de tout danger immédiat, après une longue observation du village en contrebas, elle s'y retira sans un mot, contente malgré elle de pouvoir s'y reposer seule.

Ce fut la musique qui la tira de son isolement ; au-dehors, le crépuscule commençait à tomber, allumant une à une les torches et les lanternes réparties dans le village. Des chants, des rires et des cris lui parvenaient dans une symphonie étrange et inhabituelle, turbulente et presque enfiévrée. Dans la lueur déclinante du jour, elle voyait les beornides danser, courir, ou taper dans leurs mains et, peu à peu gagnée par l'envie, se demanda si elle pouvait réellement se joindre à eux, tant elle se sentait différente, comme trop sage, trop effacée.

A nouveau, la voix de Thranduil la tira de ses pensées pour la ramener à lui ; la nuit avait fini de tomber, sans qu'elle puisse savoir combien de temps elle avait passé là, à contempler en silence cette existence si éloignée de la sienne. Elle hocha la tête pensivement, prenant acte de ses paroles, avant de retourner à son observation.

-Jamais, répondit-elle simplement, tout en cherchant comment formuler sa pensée sans paraître offensante pour les Hommes qui festoyaient sous leurs yeux, et dont certains les enviaient probablement pour d'autres raisons. J'ignorais qu'ils fussent aussi vivants, finit-elle par dire avec lenteur. Ils possèdent la force d'une joie communicative, et une capacité à se réjouir qui dépasse tout ce que j'ai pu connaître.

Les sentiments des Elfes lui avaient toujours paru d'une réserve apaisante ; sa propre pudeur, parfois plus marquée que chez la plupart des siens, tendait à la préserver des éclats de toutes sortes, au point qu'elle craignait parfois les émotions incontrôlées d'autrui, autant que les siennes propres. Cette nuit-là, pourtant, elle ne ressentait aucune peur, si ce n'est celle de passer à côté de quelque chose, un quelque chose que ces Hommes, en bas, vivaient de toutes leurs forces, sans contrainte.

Mais elle ne pouvait énoncer cette curieuse vérité à Thranduil - ce serait comme remettre en cause la nature même des Elfes.

-Ils me rappellent des lucioles s'agitant autour d'une flamme, ils pourraient s'évanouir au matin d'avoir trop dansé, trop vécu, fut l'étrange remarque qu'elle énonça à la place, avant d'oser demander : N'avez-vous jamais la sensation d'une force brute dans une gangue trop fragile, en le regardant ? Ils me semblent pouvoir déplacer des montagnes par la seule force de leur existence, et s'évaporer à la seconde qui suit.

Ce n'était sans doute pas ce qu'elle voulait dire, et ses mots avaient probablement dépassé le cadre de sa pensée, mais, tandis qu'un sourire attendri éclairait son visage, elle se sentait prise d'un élan d'affection pour ce peuple aux particularités inattendues.


Mirkwood




Fear the dark waters

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Elfe Sylvain
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: La fête de la fin des moissons   Jeu 31 Déc - 18:26



Edhelwen & Thranduil




La fête de la fin
des moissons





Le temps se suspendit pour les Hommes du Val. Les rires et les danses se mêlaient dans un maelström d’euphorie inusité pour ces landes en proie aux tourments échappés de la forteresse noire.

Thranduil observa la Noldo tandis qu’elle couvait les Hommes de son regard pellucide et bienveillant, la lueur de ses prunelles éveillée par le ravissement que cette scène lui apportait.

Les envieriez-vous Dame Edhelwen ?” Dit-il non sans réprimer un rictus où l’on aurait pu déceler un soupçon de taquinerie.

Quelle invraisemblance. Les Elfes devaient-ils ressentir une telle émotion face à un spectacle si banal ? Eux qui étaient immortels, baignés dans la lumière d’Iluvatar, transcendés par sa magie, mus d’une force et d’une sagesse inaccessibles pour ces êtres...

L’immortalité offre nombre d’avantages : un savoir et une expérience sans limites que jamais les humains ne pourront même rêver d’atteindre. Pourtant, ce qu’ils vivent à cet instant est, malgré tout ce que nous connaissons, hors de notre portée.
Ils savent que ce bonheur et cette insouciance ne dureront pas. C’est pour cela qu’en ce lieu et en cette heure, cela n’a pas d’importance. C’est étrangement paradoxal.


Si les Elfes pouvaient apprécier ce moment, ils ne pouvaient le vivre à travers ces yeux mortels. C’était un sentiment singulier que Thranduil avait bien peu l’occasion de ressentir et pendant un instant son regard s’assombrit, assailli par une douloureuse nostalgie que le temps avait caché sans jamais pouvoir détruire complètement.

Constatant que la Dame le regardait, les affres quittèrent son visage lisse tandis qu’il inclinait légèrement la tête.

Mais nous n’avons pas fait un tel voyage pour nous tenir à si bonne distance de cette flamme.

Le roi tendit alors sa main en sa direction, l’invitant à y glisser la sienne.

Sa brûlure ne peut vous blesser.

Le bleu céleste et glacial de ses yeux semblait plus avenant tandis qu’il la rassurait, sa main serrant davantage la sienne.

Le couple d’Elfes descendit la colline sous le regard fasciné des villageois. Un long drapé brodé de cobalt et d’argent caressait l’herbe rase à la suite du monarque elfique. On parvint même à entendre le doux bruissement de l’étoffe lorsque la musique et les danses moururent à leur approche, figeant la scène dans le temps comme le serait un tableau. Chacun voulut s’attacher au moindre coup de pinceau, à chaque trait de couleur, dans le but secret de se remémorer ce moment de beauté et de magie lorsque de sombres pensées viendraient les tourmenter.  

Si Thranduil impressionnait les hôtes par sa stature et sa majesté, Edhelwen les fascinait certainement par sa beauté et sa lumineuse présence. Ils parvinrent au centre de la place où Beorn les rejoignit. Là, illuminé par les hautes torches et les lampions colorés, leur chef inclina sa tête en signe de respect et Thranduil le lui rendit.

Ni veren an dhe ngovaned Nous sommes heureux de partager ce moment avec vous.

Une fois de plus, vous voici réuni pour célébrer notre amitié. Chérissons cet instant et que la joie des Hommes et des Elfes retentisse.

Des cris joyeux mêlés aux chaleureux applaudissements envahirent l’atmosphère avant que la musique ne reprenne de plus belle, plus riante encore.

Une immense table en forme de U avait été dressée un peu plus loin sur la place, prête à accueillir les nombreux convives. Bien qu’elle n’eut pas la splendeur des tables d’Aradhrynd, elle était joliment érigée, fardée de nourriture diverse et variée, tout à l’honneur des Elfes qu’ils s’apprêtaient à recevoir. Tout en force et rudesse, le changeur de peau était pourtant un bon maître de cérémonie. Il proposa au roi et à la Dame deux gobelets faits de bois dans lesquels roulait un vin sombre à l’effluve légère et fruitée.

Après avoir levé leur verre, les festivités battaient leur plein. Plusieurs villageois tenaient à approcher les nobles Elfes et leur offraient parfois même des présents -que Feren reprenait avec soin pour les présenter à son souverain- et certains étaient plus étranges que d’autres. Thranduil reçut par exemple de la part d’un vieil homme quasiment aveugle une sorte de peinture le représentant. Bien entendu, il l’avait salué et remercié sans oser demander où était censé se trouver sa tête…

Le monarque glissa un sourire discret à Edhelwen lorsque soudain, une créature fendit la foule pour foncer sur lui. En toute objectivité, il était littéralement impossible qu’il s’agisse d’une menace quelconque. Les guerriers elfes avaient cerné les alentours et les plus brillants archers étaient dans les hauteurs, suivant le roi des yeux à chaque seconde, prêts à parer à toute situation d’urgence.

Cette “bête” était en réalité une enfant d’une dizaine d’années qui avait réussi à échapper des mains de sa grande sœur et s’était précipitée sur le roi, l’étreignant à la taille.

Geida ! Pardonnez-là mon Seigneur, elle est fascinée par les Elfes, elle rêvait de vous voir. Mes parents lui racontaient tant d’histoire… Je suis confuse… Allons Geida lâche le roi !

D’abord interloqué et surpris d’une telle démonstration, il leva la main en signe d’apaisement envers Feren qui s’apprêtait à la décrocher, la jeune sœur observant la scène, rougissante de honte. Le roi s’abaissa en prenant la bambine par les épaules pour s’accroupir à sa hauteur. Geida était habillée d’une telle façon qu’on aurait pu la confondre avec un garçon. La jeune fille était blonde à la peau diaphane. Sa joue était écorchée, comme lorsque Legolas, encore petit, courait dans les bois avec trop de hâte. Thranduil l’observait avec attention car derrière l’énergie farouche et l’étonnante détermination qu’ils exhalaient, ses yeux d’enfant étaient embrumés par l’émotion.

La gamine affronta le regard au bleu glacial de l’Elfe millénaire sans broncher.

Je suis Geida, fille de Vegal et je veux vous servir.

Les gens assez près s’étaient arrêtés pour assister à la scène et eurent des chuchotements émus -et d’autres des hoquets de stupeurs- aux mots de la petite fille. Le Sinda quant à lui garda un visage impassible.

De quelle façon penses-tu faire cela ?

Je sais me battre.” Répondit-elle sans se démonter.

Sa sœur cacha son visage entre ses mains en étouffant un “Seigneur” ou deux.  

De cela je ne doute pas.” Lui répondit-il avec autant de sérieux et de gravité en fronçant ostensiblement ses sourcils. Il voyait en elle une haine irradiante. Cette colère, il l’avait en lui, elle était une part de son être. Il lui était naturel de la retrouver dans les fondements même de son cœur… mais la découvrir de la même façon dans les yeux de cette jeune humaine sembla le toucher.

Les orques ne me font pas peur et je les déteste plus que tout. Ils ont tué mes parents.” Il glissa une œillade sur la sœur dont les yeux s’emplissaient soudain d’une profonde tristesse alors que les quelques villageois autour d’eux se turent respectueusement.

Ils m’ont aussi enlevé des gens qui m’étaient très chers...” Lui répondit-il avec plus de douceur, la voix basse. C'était une confession qui n'était destiné qu'à elle et à elle seule, car on le savait que trop bien, Thranduil était peu loquace sur le sujet.

Il demeura silencieux un instant avant de se relever, ses perles céruléennes posées sur la fillette avec sévérité. “J’accepte tes services Geida fille de Vegal. Tu passeras me voir à ma tente demain à l’aube.” Des regards stupéfaits se levèrent sur lui alors que le visage de la gamine s’illuminait d’un sourire immense, presque incrédule.

La jeune fille acquiesça vivement avec fierté avant de se retourner vers sa sœur en courant, le sourcil interrogateur de Beorn suivant la scène avec curiosité.

Ce fut au tour d'un enfant un peu plus jeune de s'approcher, tenant la main de sa mère, le visage presque enfoui dans ses jupons, visiblement impressionné par les êtres merveilleux qu'il voyait pour la première fois. Thranduil ne montra rien de cela pourtant il craignait de vivre une scène similaire. Gérer les rêves de toute la descendance de ce peuple lui poserait quelques problèmes. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas.

Mon Seigneur.” Dit la femme en s'inclinant. “Allons Aorl, vas-y.” Murmura-t-elle. Pour lui donner plus de courage, elle poussa le bambin qui, à l'étonnement du roi, ne s'arrêta pas près de lui. Ses pas timides le menèrent jusqu'à Edhelwen et lorsqu'il fut à ses pieds, il réunit tout son courage pour lever sa petite tête brune vers la Dame, les yeux poudrés d'une myriade d'étoiles. Visiblement trop ému pour parler, l'enfant tendit simplement la main vers la Noldo. Lorsque ses doigts frêles s'ouvrirent, c'était pour révéler un petit objet taillé dans le bois qui représentait une chouette. Un artefact qui avait, sans le moindre doute, beaucoup de valeur à ses yeux.





The last Elvenking
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La fête de la fin des moissons

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