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 Quête de simples

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Elfe Sylvain
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Edhelwen Moraelin
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Quête de simples   Sam 10 Oct - 22:55


Edhelwen & Legolas




Quête de simples





Chaque fois qu'elle en avait l'occasion, Edhelwen se rendait sur les hauteurs d'Aradhrynd pour contempler les paysages qui, de là-haut, offraient un tableau sans cesse changeant, et pourtant toujours familier. Elle aimait particulièrement venir au crépuscule, quand le Mont Solitaire baignait dans une lumière rougeâtre striée de lignes de feu avant de laisser place à la douce obscurité de la nuit ; ou à l'aube, comme à cet instant, lorsque la Soleil émergeait lentement par-delà les arbres de la forêt pour peu à peu éclairer le sommet de la montagne, puis descendait ses rayons matinaux sur les cités en contrebas.

Avant que les premières lueurs ne paraissent à l'horizon, d'anciens souvenirs revenaient à sa mémoire - celui d'un feu vorace survolant le lac en semant la destruction sur son passage, celui d’une bataille tout juste aperçue dont la clameur lointaine résonnait encore parfois à ses oreilles. Visions mouvantes, sons indéfinis, terreurs enfouies… elle gardait en elle les réminiscences de nombreux événements entrevus de ces hauteurs lorsque, laissée de côté par la fougue des hommes, elle s’y réfugiait pour tenter de suivre ce dont elle n’aurait jamais voulu être écartée.

Seules ses faiblesses en étaient à blâmer, et le désir des siens de la protéger quand elle-même aurait été prête à se jeter sans arme d’aucune sorte dans la bataille.

Bien sûr, elle s’était forgé une utilité pour ce peuple, en mettant à leur disposition ses tout nouveaux talents de guérisseuse. Cela ne lui paraissait jamais assez, pourtant, aussi s'attelait-elle toujours à sa tâche avec beaucoup d'ardeur - trop, peut-être, si elle se fiait à cette fatigue inhabituelle qui parfois s'emparait d'elle, sitôt le travail terminé. Mais, à moins d'y être forcée, elle ne se soucierait jamais d'elle-même avant ceux dont elle devait s'occuper.

Une autre de ses tâches consistait à sortir dans les sous-bois à la recherche des simples qui servaient à fabriquer remèdes, baumes et cataplasmes, et elle s'en acquittait avec un plaisir un peu coupable, comme si, au lieu d'une corvée, ces sorties en territoire hostile revêtaient pour elle l'aspect d'une bouffée d'oxygène.

Ce fut précisément pour cette raison que l'une des servantes vint la trouver à son poste d'observation, ce matin-là. La Soleil faisait déjà étinceler les bords du Long Lac tandis qu'Edhelwen, prise dans ses pensées, avait perdu le fil du temps.

-Les réserves de simples s'épuisent, ma Dame, lui apprit la servante avec déférence, la faisant brusquement revenir à elle. Les soigneuses demandent s'il vous est possible d'organiser une excursion au cours de la journée.

-Cela ne me pose aucun problème, répondit Edhelwen avec un nouvel entrain, ravie à la simple idée d'une sortie, aussi dangereuse puisse-t-elle s'avérer. Mais vous devriez demander au Prince Legolas ou au capitaine de la garde s'ils peuvent me fournir une escorte. J'ignore s'ils pourront se défaire de l'un de leurs hommes aujourd'hui.

Bien entendu, il était de notoriété publique qu'elle effectuait la plupart de ces expéditions en compagnie du Prince, dont elle était, du moins aimait-elle à le penser, devenue une amie, sinon proche, du moins sincère. Mais, comme chacun des guerriers de la Forêt Noire, il n'était pas soumis à son bon vouloir - d'autres sujets requéraient la priorité de son attention. Dépendant entièrement de cette escorte, elle acceptait avec complaisance celle que l’on pouvait lui offrir, .

-J'attendrai le message à l'entrée de la cité, ajouta-t-elle, prenant déjà le chemin de ses appartements.

Au fond, elle espérait bien retrouver Legolas, qu’elle n’avait guère qu’entraperçu au cours des dernières semaines : l’on avait assisté durant ce laps de temps à l’une de ces ponctuelles et inexplicables recrudescences d’araignées, et les soldats avaient eu fort à faire pour sécuriser les bois - raison pour laquelle, par ailleurs, les soigneurs d’Aradhrynd voyaient leurs précieuses réserves s’amenuiser plus vite que de coutume. D’autant que, même si le danger semblait avoir reculé depuis quelques jours, Edhelwen ne refuserait pas le sentiment accru de sécurité que le Prince parvenait à lui apporter par sa seule présence. Non qu’elle doutât des capacités des membres de la garde, bien entendu ; elle se trouvait seulement plus à l’aise en sa compagnie ou, lorsque celle-ci en avait la possibilité, celle de Tauriel.

Il ne lui fallut que peu de temps pour se préparer - quelques instants pour aller revêtir une tunique plus adaptée que les légères robes elfiques qu'elle portait habituellement, puis s’en aller quérir la liste des plantes dont ses consœurs avaient besoin. Ne restait plus qu'à obtenir la garde rapprochée dont elle-même avait besoin. Elle se dirigea donc vers les portes, s’interrogeant sur ses chances, en pareilles circonstances, d’obtenir un droit de sortie - il semblait que son nouveau peuple se faisait un devoir de la protéger presque malgré elle, comme elle avait plusieurs fois eu l’occasion de s’en rendre compte depuis son arrivée. Elle-même ne se considérait pas comme une petite fleur fragile, conception personnelle qui paraissait n’avoir jamais, du plus loin qu’elle s’en souvienne, été partagée par aucun de ses semblables.

Elle salua courtoisement les gardes postés à l’entrée de la cité et s’adossa à l’une des colonnes pour attendre la réponse à sa requête, son panier vide se balançant indolemment au bout de ses bras, tandis que son regard se perdait rêveusement à travers le sous-bois et le feuillage sombre de la forêt, comme s’il y percevait des beautés pourtant désormais pratiquement disparues, emportant son esprit si loin entre les arbres qu’elle ne parut pas entendre le pas léger du messager qui s’approchait.


Mirkwood




Fear the dark waters



Dernière édition par Edhelwen Moraelin le Sam 21 Nov - 10:40, édité 1 fois
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Elfe Sylvain
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Quête de simples   Dim 18 Oct - 14:34

Quête de simples

Legolas ✣ Edhelwen


Les araignées faisaient leurs nids de plus en plus près de nous. L'aube se levait sur la salle de garde tendit que je faisait ce constat en observant la carte des environs et plaçant un marqueur à l'emplacement de la dernière attaque datant de cette nuit même. Ce n'était pas flagrant, mais nous étions désormais très proche de la fréquence et la proximité des attaques d'avant la Bataille des Cinq Armées. Il aurait été illusoire de penser que la situation de calme qui avait suivi s’éterniserait, surtout pas maintenant que tout indiquait que l’Ennemi reprenait force et influence.

La nuit avait été longue. C'était l'une de ces nuits sans lunes, doublée d'une épaisse couche nuageuse qui ne laissait place à aucune lumière céleste. Dans cette obscurité palpable, j'avais du rester en alerte, à superviser les envois et retours des équipes depuis qu'une patrouille avait déclaré avoir trouvé un nids. Je n'avais plus pris de repos depuis un certain temps et la nouvelle était tombé au moment où je venais de m'isoler dans ma chambre pour me recentrer un peu, mais le chef de la garde étant partit avec l'une des équipes, il fallait bien que quelqu'un supervise ici. Aussi, je comptais les heures jusqu'au lever du soleil. Notre dernière équipe rentra en annonçant la destruction du nid alors que la lumière de l'aube commençait à teinter le ciel d'une couleur sanguine. La paix était revenue sur notre territoire, pour le moment, tout du moins. J'accompagnais les rares blessés de la nuit vers la salle de soin avant d'aller faire un tour à la lisière de la forêt, sentir l'air frais matinal chasser l'obscurité pesante de cette nuit sans trêve.

L'esprit au calme, je me décidais enfin à regagner ma chambre pour me rafraîchir un peu. Mais, à croire que le sort avait décidé que je ne devais pas rester dans cette pièce, quelqu'un frappa à ma porte. J'ouvris pour découvrir une des elfes servant à l'infirmerie, visiblement embarrassée de me déranger. "Toutes mes excuses mon prince, mais Dame Edhelwen a besoin d'une escorte et je n'ai pas trouvé le chef de la garde." D'un signe de la main, je balayais son embarra. "Il n'y a pas de mal. Il n'est pas encore rentré, Dame Edhelwen part chercher des plantes curatives ?" Elle acquiesça. "Très bien, je m'en chargerais." Puis je la congédia et acheva de me rendre présentable. J'enfilais enfin mon armure, pris mes dagues aux lames adamantines ainsi que mon arc. Ce n'était qu'une cueillette mais mon amie n'aurait pas besoin d'escorte si la forêt était un lieu sûr. Même un guerrier expérimenté savait qu'il n'était pas bon de s'y promener seul. Je m'assurais du nombre des flèches dans le carquois et pris la direction de la sortie de la cité.

La belle Noldor y patientait, c'est avec un léger sourire que je m'approchais d'elle, rayonnante dans la lumière dorée du matin. Elle semblait absorbée par le spectacle sylvestre, laissant son panier onduler lentement et n'avait pas entendu mes pas s’approchant. Je fis intentionnellement craquer une branche pour signaler mon arrivée, elle se tourna vers moi et je la saluais respectueusement.  

"Mára aurë, Wen Edhelwen. Acceptes-tu que je t'escorte ?"

Elle fut même ravie que ce soit moi, sans grande surprise, à vrai dire, ce n'était pas la première fois que je l'accompagnais au dehors pour trouver des simples. Quand elle le devait, je m'arrangeais le plus souvent pour me libérer quand elle en avait besoin, non seulement je m'étais fait une tache personnelle que de veiller à sa protection, mais en plus sa compagnie était toujours très agréable. J'ouvris la marche en étendant mon champ d'attention le plus loin possible autour de nous.

J'étais loin d'être un expert en plantes médicinales, mais je connaissais un peu les endroits où elle avait l'habitude de se rendre pour obtenir ce qu'il lui fallait. Notre route nous mena donc dans un premier temps dans une clairière légèrement pentue, baignée de lumière, traversée par un fin ruisseau dont le flux cascadait entre les pierres polies. J'y fis halte, la laissant vaquer à sa cueillette et m'asseyant dans l'herbe tendre, non sans garder les sens aux aguets. L’apparente tranquillité était trompeuse et, à Mirkood, c'était parfois dans ces endroits les plus enchanteurs que le danger pouvait se révéler le plus traître et le plus dévastateur.

"Il ne vaut mieux pas trop s’attarder ici, j'ai un mauvais pressentiment. Tu as besoin d'aide ?"

Je pris néanmoins le temps de me pencher vers le courant pour y plonger mes mains et me désaltérer un peu, appréciant la fraîcheur de l'eau et sa limpidité, que seul le tumulte de la pente agrémentait encore de petites bulles.





Dernière édition par Legolas le Mer 2 Déc - 18:07, édité 1 fois
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Elfe Sylvain
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Edhelwen Moraelin
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Quête de simples   Mer 25 Nov - 20:42


Un craquement de brindille tira Edhelwen de ses rêveries sylvestres ; tournant la tête en direction du bruit, elle eut le plaisir de voir Legolas lui-même s'approcher d'elle pour la saluer, manifestement prêt à braver les dangers de la forêt. Elle songea un bref instant que peut-être, en vertu de la menace redoublée qui pesait depuis peu sur le royaume, il venait la prier de reporter son expédition, avant de partir lui-même en patrouille, comme cela s'était déjà produit par le passé. Aussi fut-elle, quelque part, soulagée qu'il n'en fut rien.

Des siècles plus tôt, elle aurait plutôt espéré ne plus avoir à remettre le pied au cœur de cette sylve à l'aspect menaçant ; mais il y avait longtemps qu'elle s'était accoutumée à cet étrange domaine, et qu'elle appréciait de s'y trouver, malgré les risques encourus.

-Mára aurë, mon prince, répondit-elle en inclinant légèrement la tête. Votre présence m’honore.

Son sourire était aussi aérien que d'ordinaire mais, pour qui la connaissait, ses yeux brillaient d'une infime mais perceptible lueur de malice. Si, les premiers temps, cette formule n'avait été que l'expression d'une politesse un peu embarrassée, l'Elfe d'alors se sentant bien trop étrangère pour se voir accorder la protection du prince, c'était depuis lors devenu une sorte de rituel, une petite touche de complicité attestant discrètement du plaisir qu'elle éprouvait à ces excursions en sa compagnie.

Ils s'éloignèrent des portes de la cité sans un mot - depuis qu'elle était en charge de l'approvisionnement en simples, Edhelwen avait si souvent parcouru les mêmes chemins qu'elle se savait désormais capable de ne plus s'y perdre. Mais l'attention de Legolas était requise ailleurs, dans les ombres changeantes et imprévisibles des sous-bois, dans le bruissement des feuilles et le frémissement de la forêt tout entière. Ces sorties, aussi recherchées soient-elles par la Noldo, n'avaient rien d'une balade bucolique et, si elle avait besoin d'une escorte, ce n'était pas pour l'abreuver de paroles en la détournant de sa véritable mission.

La clairière où ils firent leur première halte était telle qu'Edhelwen l'avait toujours connue : agréable, baignée de lumière et du doux chant de la rivière, un des rares endroits en somme où la beauté tant regrettée de la forêt n'avait pas été entièrement ternie par la corruption ambiante - pourtant, l'Elfe fut saisie d'un frisson ténu d'appréhension, qu'elle repoussa sans y penser.

Généralement, elle tâchait d'ignorer ces impressions fugaces, les mettant sur le compte d'une frayeur toujours présente malgré les siècles et l'habitude, et qui n'avait probablement survécu que parce qu'elle n'était pas native de ces bois. Elle préférait se fier au jugement sûr des soldats sylvains, bien plus aguerris qu'elle et rompus au danger, et se concentrait sur sa propre tâche en ignorant consciencieusement ce que son instinct peu fiable lui soufflait.

Alors, elle posa son panier et, coutelas en main, entreprit de couper une à une, avec le plus grand soin, les tiges d'une poignée d'athelas. Elle avait presque oublié l'inquiétude qui l'avait saisie lorsque, quelques instants plus tard, Legolas lui fit part de son propre pressentiment - sans ses propres craintes, le ton du prince, exempt d'alarme, ne l'aurait jamais alertée, mais Edhelwen se redressa aussitôt, scrutant malgré elle l'obscurité qui cernait la clairière de tous côtés.

Jusqu'à présent, la Noldo avait toujours considéré bénéficier d'une chance presque insolente, en regard de toutes ces blessures qu'elle avait eu à soigner - il lui était arrivé une fois ou deux de se trouver en présence de ces monstrueuses créatures qui infestaient la région, bien sûr, mais c'était bien peu comparé au nombres d'excursions auxquelles elle avait pris part. Une rareté qui n'avait guère participé à la rendre plus craintive, bien au contraire. Elle avait cru alors que la terreur l'empêcherait de jamais ressortir, mais même elle finissait par s'estomper, et de nouveaux siècles passaient sans l'ombre d'une menace.

Parfois, comme ce jour-là, elle expérimentait de nouveau un moment d'anxiété, et s'imaginait facilement les pattes gigantesques et velues de bêtes rôdant autour d'elle - une peur bien innocente comparée à celle qu'elle éprouvait au sortir d'une réelle attaque, mais néanmoins suffisante pour la rapprocher de quelques pas de son escorte.

-J'ai terminé, souffla-t-elle en réponse à Legolas, l'esprit bien loin de toute idée de cueillette.

Prenant sur elle de quitter des yeux la forêt, elle saisit son panier, gardant son coutelas à la main dans un rare élan visible de frayeur. Elle s'approcha de Legolas, l'observant s'abreuver à la rivière avec plus d'insouciance qu'elle ne s'y serait attendue après ses paroles - quand un mouvement à la périphérie de sa vision lui fit redresser la tête. Elle se connaissait assez pour croire sans peine qu'elle avait imaginé cette tache sombre dans l'obscurité du sous-bois, mais elle savait aussi que l'on ne pouvait se montrer trop prudent en ces lieux.

-Je ne peux qu'approuver votre désir de vous éloigner d'ici, reprit-elle d'une voix légèrement tremblante, sur laquelle elle peinait à garder la maîtrise absolue qu'elle maintenait d'ordinaire. Je ne me sens moi-même pas tranquille...

Ils quittèrent la clairière pour rallier leur halte suivante, un sous-bois sombre et humide où la lumière du soleil ne perçait jamais le feuillage, et où des champignons curatifs poussaient sur des blocs de pierre moussue. Un espace moins enchanteur, mais tout aussi utile aux guérisseurs de la Forêt Noire. Durant tout le trajet, Edhelwen ne put s'empêcher de regarder autour d'elle, de tendre l'oreille, s'attendant à tout instant à voir apparaître la silhouette hideuse de ces créatures tant haïes, à entendre le son écœurant de leurs mandibules - son impression négative s'était renforcée, et elle pouvait presque sentir des milliers de regards accrochés à ses pas, comme autant de filets cherchant à la retenir dans les ténèbres de la sylve.

La Noldo se jeta presque sur la première roche aperçue, tant elle était pressée de repartir.

-J'en ai pour un instant, murmura-t-elle en saisissant le premier champignon d'un geste moins précautionneux qu'habituellement.

Sans percevoir parmi les arbres les tressaillements qu’elle avait pourtant guetté jusque-là.


Mirkwood




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Elfe Sylvain
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Quête de simples   Lun 21 Déc - 0:20

Quête de simples

Legolas ✣ Edhelwen


Nous reprîmes notre marche mais je ne me sentais pas tranquille, quelque chose nous observait, j'en avais l'intime conviction. En d'autre circonstances je me serais arrêté et aurais cherché la source de cette sensation de danger, mes sens ne se mettaient jamais ainsi en alerte pour rien. J'aurais observé, enquêté, me serais caché pour évaluer s'il y avait bien une présence et, le cas échéant, j'aurais attaqué. C'est ce que j'aurais fait si j'avais été accompagné de quelqu'un rompu aux combats. Mais dans la situation présente il n'était pas question d'abandonner Edhelwen ne serait-ce qu'un instant, je ne pouvais aller au devant du danger, le provoquer, non, je ne pouvais qu'attendre qu'il se déclare, s'il existait. Le fait est que je connaissais bien cette atmosphère qui se dégageait de cette forêt, j'y avais toujours vécu, je comprenais sa vie comme une partie de moi, la noirceur qui l'infiltrait de nouveau, je pouvais la ressentir, aussi, je savais faire la distinction entre un vague sentiment d'oppression et une réelle menace. Edhelwen devait le sentir, elle aussi, car quand je lui avais fait part de mon pressentiment, elle révéla aussitôt sa tension jusque-là dissimulée. A présent de nouveau en marche, je la voyais garder son coutelas à la main, moi-même je gardais mes mains proches de mon arc, tout en conservant mon apparente désinvolture.

"Rassures-toi, s'il y a quelque chose, il n'aura pas le temps de s'approcher." Lui dis-je en murmurant presque, dans le silence pensant de ces lieux, il aurait été imprudent de parler trop fort, même sans ce sentiment d'être observés.

Je ne voulais pas qu'elle s'inquiète plus que nécessaire, elle avait besoin de rester attentive à son objectif, la protéger était le mien. Malgré ce sentiment diffus, notre progression se poursuivit dans une partie de la forêt où l'air se faisait plus sombre, humide et frais. Un endroit idéal pour des champignons, d'ailleurs c'était visiblement le but de notre présence ici. Mon regard n'eut aucun mal à s’accoutumer à l'obscurité et j'examinais les lieux avec attention. La bonne nouvelle, c'était qu'en dépit de cette impression persistante de ne pas être seul, je ne notais la présence d'aucune toile d’araignée, aucune brèche dans la végétation, branches brisées ou feuille suspectes indiquant le passage récent de créatures massives. Je ne relâchais pas mon attention pour autant et me tins proche de la guérisseuse. Derrière nous, j'entendis un bruit et me retourna en un instant, mon arc déjà en main. Rien en vue. Si. Une branche brisée et des feuilles tombant, indolente, vers le sol. Il n'y avait plus l'ombre d'un doute désormais : quelque chose nous suivait.

Mais cette chose avait aussitôt disparu, je la soupçonnais de vouloir nous séparer en attirant l'escorte loin de la cible. Les araignées n'avaient pas une intelligence à proprement parler, mais elles savaient faire la distinction entre une personne armée ou non. Bien qu'il me tardait de nous débarrasser de cette menace, il me faudrait faire preuve de patience, attendre que la chose se révèle en passant à l'attaque. Et, je resserrais ma poigne sur mon arc, quand elle attaquerait, ce serait la dernière action de sa misérable existence.

"Il n'est pas nécessaire d'aller si vite." Remarquais-je en voyant ses gestes quelque peu brusques qui pouvaient nuire à la qualité de sa récolte. "Quoi qu'il puisse y avoir, ça ne semble pas vouloir attaquer ici. Reste juste près de moi, je pense que ça veut nous inciter à nous séparer."

Par soucis de sécurité, je me voyais forcé de briser les règles de la politesse et de ne pas la regarder en m'adressant à elle, trop attentif à ce qui nous entourait. Ce n'était pas parce que je doutais que ça veuille attaquer ici que c'était impossible.

"Si je ne me trompe pas, la suite de notre route se passe au sud vers les zones rocheuses. C'est bien ça ?"

Je devais admettre que j’espérais une réponse positive, vers le sud les arbres étaient plus éloignés, la visibilité meilleure, même si j'avais de très bons réflexes, voir venir une attaque de plus loin n'était pas quelque chose que je refuserais. Ici, dans cet espace étriqué, je n'aurais pas beaucoup de temps pour réagir.



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